Philippe Bertrand compte « redresser les finances »
L’ancien premier adjoint et actuel conseiller municipal d’opposition propose un projet de rupture avec la politique menée par René Villard.
Philippe Bertrand, leader de l’opposition au conseil municipal de Château-Arnoux-Saint-Auban et « homme de gauche », annonce sa candidature pour les élections municipales.
L’ancien premier adjoint de Patrick Martellini, retraité de l’usine d’Arkema, ancien adhérent au Parti socialiste, sera opposé – comme en 2020 – à René Villard, maire communiste sortant. Pour l’heure, deux listes sont déclarées dans cette commune de 5 100 habitants – il y en avait trois en 2020.
🗞️ Pourquoi avez-vous décidé d’être une nouvelle fois candidat aux fonctions de maire de Château-Arnoux-Saint-Auban ?
Cela fait un moment que je fais de la politique. J’ai été au Parti socialiste mais j’en suis parti après l’élection de François Hollande à la présidence de la République car on ne pouvait jamais parler de certains sujets comme la sécurité. De plus, ils ont abandonné les ouvriers, les salariés…J’ai décidé d’être candidat car il y a une forte demande de la population. Pendant six ans, le maire actuel a fait campagne pour nous car il était exécrable avec la population, dans sa façon de parler. Dès qu’on est en contradiction avec lui, ça ne fonctionne plus. Je n’ai jamais connu cela. On a donc décidé de constituer une liste. En un mois, elle a été montée. Elle est sans étiquette mais a le soutien du PS, des Républicains (LR) et du Rassemblement national (RN)
🗞️ Quels sont les grands axes de votre projet ?
Je souhaite remettre du lien entre la population et les élus. Pendant six ans, nous serons en mission pour redresser les finances communales. Il y a eu trop de laisser-aller ces dernières années. Sans excédent financier, on ne peut pas faire d’investissements. On souhaite monter une maison médicale avec pour modèle celle de Volonne. Nous sommes la première commune du carrefour Bléone-Durance, il faut remettre Château-Arnoux-Saint-Auban au rang qui était le sien il y a encore six ans.Nous allons également mettre en place un plan d’entretien des routes et des trottoirs sur l’ensemble du mandat. Sur la sécurité, on a des soucis sur la commune, notamment des cambriolages et du trafic de drogues. On souhaite passer de deux à quatre policiers municipaux.Les agents seront armés et pourront donc patrouiller la nuit dès que ce sera nécessaire. On a aussi besoin de la vidéoprotection et on va l’installer dans les secteurs identifiés par la gendarmerie. Quant à la problématique des moustiques, on va faire chiffrer un traitement bio et mettre en place un vrai plan d’action.
🗞️ Que comptez-vous faire pour « redresser les finances » ?
Comme nous l’avons fait de 2014 à 2020 (il était alors premier adjoint, Ndlr), nous distribuerons nous-même les bulletins municipaux, ce qui permettra d’économiser 36 000 euros sur six ans. Il faut donner l’exemple. Nous souhaitons également arrêter la cérémonie des vœux et réduire les indemnités des élus. Ces premières économies nous aideront notamment à distribuer, en fin d’années, des bons d’achat à dépenser dans les commerces de la commune et à aider les grosses associations d’intérêt général, comme le Point rencontre.
🗞️ Quel bilan tirez-vous de votre activité d’opposant au sein du conseil municipal sur le mandat actuel ?
On a défendu notre position. On a toujours voté contre le budget car on a estimé que des choses n’allaient pas. Il faut quand même se rappeler que lors du mandat 2014-2020, René Villard, qui était dans l’opposition, avait voté tous les budgets car il estimait qu’on avait bien fait le travail. Là, on s’est rendu compte que trois années sur six de ce mandat actuel, les finances étaient dans le rouge.On a donc essayé de faire entendre notre voix même si parfois on était en accord avec des projets de la majorité. On a notamment voté contre le projet de réhabilitation du chalet Jean Prouvé. Il y a 700 000 euros d’argent public engagé dans ce projet dont 80 000 euros par la commune, c’est beaucoup d’argent qui aurait pu être mis ailleurs. Tout le monde se fout de ce chalet, c’est de la masturbation intellectuelle. La valeur ajoutée pour la commune, c’est rien du tout. Par contre, ils ont arrêté l’éducation artistique et culturelle dans les écoles… S’ils veulent faire du patrimoine, qu’il mette cet argent dans le château qui a besoin de rénovation.
🗞️ Quel regard portez-vous sur l’action de la majorité municipale actuelle ?
Ce qui nous inquiète le plus, c’est le budget. Ils ont essayé de faire des choses pour la santé mais cela a été mal fait. Mis à part cela, ils n’ont rien fait pour les commerces de proximité. Sur la place de Saint-Auban, ils se meurent : il faudrait mettre des couleurs sur les façades, comme à Menton, retaper les halles pour retrouver un marché attractif le dimanche.Il y a aussi ce projet de logements sociaux au sud de Saint-Auban que je ne soutiens pas du tout. L’endroit n’est pas adapté, c’est loin de tout et cela va engendrer des conflits de voisinage.Sur la commune, on n’est pas en manque de logements sociaux : il y a une attente de six mois contre deux ans en moyenne sur la région. Et puis il faut garder cet équilibre de population. Dans la ruralité, on a envie d’être tranquille.
🎤 Interview par Thomas BLANCHON La Provence
